Un grand merci à Bettie et son mari, pour leur accueil chaleureux et leur joie de vivre !!

Au François

Excursion aux îlets du François
Raccourci vers les courses de yoles
Notre découverte du François
Vers les coqs de combats
Raccourci vers les crabes

 

Présentation du François

Le François est une vaste commune réputée pour son équipe de yoleurs, l'une des meilleures de la Martinique et ses " fonds blancs " .C'est aussi l'un des fiefs des békés ( les riches propriétaires blancs de la Martinique). Ils y possèdent de somptueuses villas et même parfois des îlets.


Du François, on peut embarquer pour les îlets du François. La Baie du François est, comme la Baie du Robert, parsemée de brisants et de fonds blancs, hauts - fonds sablonneux protégés par des récifs.

 

 

Bateaux en excursion aux îlets du François

Cet endroit est donc devenu un lieu très touristique : l'excursion " à la Baignoire Joséphine " fait partie de tous les programmes des excursionnistes de l'île : l'excursion en bateau proposant la baignade jusqu'à la taille, dans les fonds blancs et le baptême au rhum ( en plein soleil ), puis un déjeuner, suivi du zouk, sur un îlet.

Notre séjour

Nous avons donc passé deux jours au François et dans ses environs. Le premier jour, après la visite du Domaine Clément, nous avons goûté un repas typique cuisiné par André, le mari de Sonia. Le deuxième jour, nous avons passé la journée chez Bettie, la sœur d'André qui habite au François, en bord de mer.

La côte au François

 

 

Le matin, Daniel, le fils de Bettie, pêcheur comme son père, nous a fait profiter de leur bateau de pêche et nous a emmenés aux fonds blancs. Le temps était couvert, mais nous a permis de nous baigner. Nous avons été raisonnables : pas de baptême au rhum, dans l'eau jusqu'à la taille ( nous nous sommes réservés pour la suite !) .


Il y avait là de nombreux bateaux et " vedettes "d'excursion débarquant dans l'eau leur lot de touristes, agglutinés les uns près des autres ( et eux avaient le gobelet de rhum à la main ! ).

Daniel ( coupé ), nous conduisant à la Baignoire Joséphine

 

Après cette bonne baignade, nous sommes retournés chez Bettie où un repas succulent et pantagruélique nous attendait. Elle nous a présenté de très nombreuses spécialités depuis la délicieuse soupe aux " z'habitants ", en passant par les concombres ( qui n'ont pas le même goût qu'en Métropole ), de nombreux poissons macérés délicieusement pimentés ( pour nous réconcilier avec le poisson ), des légumes typiques : cristophines, patate douce, ignames… Elle nous a véritablement bien gâtés ! !
Le plaisir était dans l'assiette, mais tout autant dans la conversation.

 

 

André en cuisine

 

 

 

Tout au long de cette journée, dans cette famille de très modestes pêcheurs, habitant une simple case, nous avons trouvé une chaleur, un bonheur de vivre, un besoin de communiquer si rare à notre époque.
Le contraste le plus frappant ( qui, d'ailleurs pourrait symboliser, en quelques sortes, la Martinique ), est celui entre leur habitation, leur simplicité dans leur philosophie de la vie, leur richesse intérieure, face, d'autres parts aux superbes et riches propriétés de békés habitant un peu plus haut, juste en remontant la rue : les deux extrêmes ! !
Les uns ont juste besoin, pour se sentir gâtés par la vie, d'un petit espace vital, au bord de l'eau, à côté de leur outil de travail, la mer, ( se disant que Dame Nature pourvoira à leur nourriture ), sachant que le lopin de terre ne leur appartient pas, alors que les autres ont besoin pour être reconnus de superbes demeures, aux grands jardins soignés, au bord de l'océan, de 4X4 flambants neufs, jet - skis accrochés au ponton … et j'en passe…deux mondes qui se côtoient. Cela amène à se poser des questions et à remettre en cause notre échelle de valeurs … où se trouve la véritable richesse ? !..

 

Le bord de mer au François, où habitent Betttie et son mari

Chez Bettie, nous avons trouvé une mine de renseignements, sur la gastronomie, bien sûr, mais aussi, sur de nombreux sujets très typiques, comme les combats de coqs (car Bettie en élèvent ), la capture et la préparation des crabes ( met réputé en Martinique ), les courses de yoles et bien d'autres encore …

 

Les courses de yoles et de gommiers

Les origines:

Jusque dans les années 50 , les marins - pêcheurs se livraient à des régates à bord de leurs gommiers, pour oublier leur dur métier.
Le gommier ou " gomyé " a traversé plus de 2 000 ans d'histoire, il est l'un des derniers témoins de la culture caraïbe. Cette pirogue amérindienne était appelée " kanoa ", par les Caraïbes. Ce mot a donné naissance à " canot " et " canoë ", en Français. En Martinique, le mot " gomyé ", apparaît pour la 1ère fois, à l'écrit en 1942. L'origine de ce mot est du au nom de l'arbre dans lequel est creusé la pirogue.


un gommierL'arbre : le gommier avec lequel était fabriqué la pirogue

 

 

 

 

 

 

 

A une ou deux voiles, bateau de pêche ou de transport, le " gomyé ", n'est plus utilisé actuellement que pour les courses traditionnelles.

Depuis 1955, la voile a été supplantée par le moteur : les derniers " gomyés " sont progressivement remplacés par la " yol plastik ".
Les courses de yoles ou de gommiers sont un événement sportif typiquement martiniquais, et sont devenues une véritable institution. Ce spectacle attire une foule considérable dans les fêtes patronales des villes de la côte et surtout lors du Tour de la Martinique des yoles rondes au mois d'Août.

 

Course de yoles


Les frêles pirogues sont devenues des gommiers aux couleurs vives, pourvues de grandes voiles carrées.
Aujourd'hui, les pêcheurs les équipent de puissants moteurs leur permettant de s'éloigner au large, jusqu'à Miquelon.
Les yoles sont construites en bois des îles, choisis à la fois pour leur robustesse et leur légèreté et comportent une coque profilée de 10,5 m de long, une carène de pirogue, une voilure de 70 m2 ( une ou deux voiles ). Une yole armée peut coûter jusqu'à 50 000 F.

Les mâts et vergues des yoles sont en bambou. Avant le départ de la régate, les équipiers procèdent au matage des embarcations sur la plage.

Matage de la yoleLes voiles au départ


 

 

 

Les courses de yoles sont extrêmement spectaculaires, l'équipage devant, sans arrêt, lutter pour maintenir l'embarcation en équilibre. Nombreux sont les équipiers tombant à l'eau, mais aussi les embarcations prenant l'eau et coulant. La yole ronde a la particularité de ne pas posséder de vraie quille, ce qui en fait une embarcation particulièrement instable et aggrave les risques de dématage en mer. L'équilibre du bateau est assuré par une partie de l'équipage qui joue du rappel sur des " bois dressés ", sortes de barres de bois rigides. A l'arrière de la yole, le " patron "( chef d'équipage ), assisté d'un ou deux " aides - patrons ", manœuvre une pagaie pour tenir le bon cap.


Le tour est l'événement sportif de l'année en Martinique, et contribue à la promotion de l'île. Il attire un large public venu de l'extérieur. Un grand nombre de Martiniquais vivant en Métropole, reviennent au pays et organisent leurs vacances autour de cet événement.

 

Les yoles aux couleurs vivesCourse de yoles

 

 

 

 

 

 

 

LES CRABES

Nous avons eu la chance d'assister, en direct, à la capture des crabes, chez Bettie, les crabes de terre étant très nombreux, dans les terrains marécageux et humides. Le crabe de terre est un met de choix en Martinique, en crabe farci notamment, ou en potage, ou bien servi en " matoutou ", plat constitué de morceaux de crabes, accompagné de riz ou de farine de manioc, que les Martiniquais consomment à Pâques ou à la Pentecôte.
Les crabes sont si fréquents, que l'on peut même les surprendre en pleine forêt tropicale, à l'intérieur des terres, en train de traverser la route.

 

Un crabe de terre

 


Les crabes sont attrapés soit, à l'aide de pièges : les " crabiers ", sortes de boîtes en bois, munies d'une trappe qui se referme sur le crabe trop curieux ou trop gourmand, ou bien à l'aide de lignes, faites d'un morceau de bois et d'une ficelle ( pour les plus patients comme Yannick et Laure, qui nous ont fait une belle démonstration de " chasse aux crabes ".)

 

Le piège à crabesLes chasseurs de crabes

 

 

 

 


 

 

 

Avant d'être servis et mangés, les crabes qui vivent dans la boue et mangent un peu n'importe quoi, doivent jeûner, puis sont nourris au maïs, à la noix de coco et au piment,pour que leur chair soit épicée à souhait. Chez Bettie, nous avons pu observer ces " sympathiques " bestioles, en captivité, dans un grand casier où l'on prenait soin de bien les nourrir pour mieux les déguster ensuite. La farce du crabe farci est composée d'un mélange dont les proportions sont un tiers de mie de pain trempé dans du lait, pour deux tiers de chair de crabe sans oublier les " aromates pays ". Parfois, on ajoute un peu de rhum.

 

Les combats de coqs

Nous avons pu encore découvrir, chez Bettie de véritables coqs de combats et les voir s'entraîner. Les combats de coqs sont une vraie passion pour les Martiniquais. Ces coqs, champions sont élevés amoureusement et demandent une extrême attention de la part de leurs propriétaires. Leur possession représente une " mine d'or ", car les combats donnent lieu à des paris dont les mises sont parfois assez exorbitantes.

 

Combat de coqs au Pitt Cléry

 

 

 

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